MESSAGE DE + NOËL SIMARD, ÉVÊQUE DE VALLEYFIELD, À PROPOS DE LA VACCINATION CONTRE LA COVID-19

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/vaccination


Chers diocésains et diocésaines,

Comme un des répondants francophones de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) en matière d’éthique, je fus invité à intervenir auprès de certains médias pour expliquer et clarifier la note de la CECC sur des préoccupations éthiques relatives aux vaccins contre la COVID-19.   Sans me faire le défenseur de cette note qui a créé une onde de choc dans les réseaux médiatiques et la population, je tiens à faire une mise au point.

  1. Concernant la note de la CECC :

Cette prise de parole avait pour but d’inciter les gens à se faire vacciner ; c’est un acte de charité et de solidarité dans le but commun d’éradiquer la propagation du virus.  Elle voulait aussi répondre aux catholiques qui se posaient la question, à savoir s’il était moralement acceptable de recevoir des vaccins « dont le développement, la production ou l’expérimentation ont comporté l’utilisation de lignées cellulaires dérivées de l’avortement ».  A cette question, la note répond en disant que, si le choix est possible, il faut préférer les vaccins qui ont été élaborés de la manière la plus éthique.  Concernant les autres vaccins qui ne sont pas éthiquement irréprochables, les catholiques peuvent les recevoir en bonne conscience, étant donné le lien très faible et minime avec des lignées cellulaires créées il y a plus de 40 ans, vu aussi l’urgence sanitaire et le devoir de protéger notre santé et celle des autres.

  1. Mon point de vue :

Cette note de la CECC arrive dans un moment peu propice alors qu’il faut tout faire pour encourager la vaccination. Pour dissiper les doutes et les ombres jetés par cette prise de position, j’insiste sur les éléments suivants :

  1. Il faut se faire vacciner : ce n’est pas une question de choix mais un devoir moral en vue du bien commun. Moi-même, j’irai recevoir le vaccin la semaine prochaine, sans considération du type de vaccin qui me sera proposé.
  2. La découverte et la production des vaccins se sont faites en un temps record. Bravo à la science et un immense merci aux chercheuses et chercheurs ainsi qu’à tous ceux et celles qui ont collaboré à ce grand succès !
  3. Un grand merci aussi à toutes ces personnes qui ont assuré et continuent d’assurer avec générosité et amour les services de santé et les services essentiels.  Il y a quelques semaines, l’une de mes sœurs est morte des suites de la Covid-19. C’est grâce à des infirmières et des préposés exceptionnels que ma sœur a pu connaître une fin de vie digne et remplie de compassion, alors que les membres de la famille ne pouvaient se rendre à son chevet.
  4. Aujourd’hui, en ce 11 mars, le gouvernement québécois fait mémoire des milliers de personnes qui sont décédées à cause du virus.  Je m’unis à toutes ces personnes qui se souviennent de leurs êtres chers qui, souvent, ont terminé leur vie dans des conditions douloureuses et tristes.  Pour elles, pour eux, que notre prière monte vers Dieu comme un encens !
  5. Enfin, plus que jamais, nous sommes appelés à vivre la solidarité internationale en partageant avec les pays pauvres et en s’assurant qu’ils aient accès, eux aussi, aux vaccins, et ce, à un moindre coût.

Puissent ces propos apporter lumière dans le débat actuel et nous aider à rejoindre les rangs de tous ceux et celles qui contribuent à soulager la souffrance, à promouvoir la vie et de bonnes conditions de vie, à bâtir une société juste et compatissante !  Que Jésus qui a guéri les malades et les cœurs brisés soit notre guide et notre soutien !

11 mars 2021

Mgr Noël Simard, évêque